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Web Apps : y'a-t-il une vie après les applications pour smartphones ?

Analyse - Peu performants, les navigateurs Web pour mobiles ne permettent pas d'offrir l'expérience utilisateur d'une application native. Mais les travaux en cours, notamment autour d'HTML5, pourraient donner de nouvelles armes aux browsers qui retrouveraient ainsi une place centrale. En jeu : plus d'ouverture, plus de souplesse et des économies en termes de développement. Dominique Hazael-Massieux du W3C nous donne quelques clés.

Avec son incontournable duo iPhone + App Store, Apple a imposé un standard en matière d'applications mobiles. Standard repris en choeur par la concurrence. Ainsi, contrairement au Web fixe, toute application sur smartphone s'exécute de façon autonome en dehors du navigateur.

Une telle approche convenait parfaitement aux développeurs compte tenu de l'écrasante domination de l'iPhone sur le marché des smartphones. L'explosion du nombre d'applications disponibles sur l'App Store en est une preuve flagrante.

Mais le marché a évolué avec la montée en puissance d'Android qui est devenue en quelques mois la deuxième plate-forme mobile du marché. Sans parler de l'apparition d'autres OS comme Bada (Samsung) ou encore Windows Phone 7 (Microsoft).

Conséquence, le travail de développement devient cauchemardesque et il est presque impossible pour un éditeur de contenus d'être présent sur différentes plates-formes au même moment.Surtout, être présent sur l'iPhone ne suffit plus à être visible compte tenu de la baisse progressive de sa part de marché.

Web Apps : une approche pragmatique

Reste que le surcoût engendré par la multiplication des OS douche les ambitions. Pour beaucoup, il s'agit désormais de trouver une alternative pour être présent partout sans explosion du budget.

Il s'agit en fait de retourner aux fondamentaux, en s'appuyant sur le navigateur Web en tant que réceptacle à applications et donc de développer des Web Apps ou applications Web.

Seul problème, les browsers mobiles actuels, trop limités, ne permettent pas d'atteindre cet objectif. Mais les choses pourraient assez vite évoluer, notamment grâce au développement rapide de HTML 5.

Ce standard permet en effet d'intégrer de nombreuses fonctions (glisser-déposer, audio-vidéo, géolocalisation, reconnaissance vocale, formulaires...) , jusque-là réservées aux applications natives, au navigateur Web.

C'est en tout cas le but affiché par le W3C, l'organisme de standardisation à but non-lucratif, chargé de promouvoir la compatibilité des technologies du World Wide Web. "Notre ambition est d'assurer que le Web devienne une plate-forme de développement pour le mobile. Il y a beaucoup d'attente autour de cela", explique à Businessmobile.fr, Dominique Hazael-Massieux, responsable des activités mobiles pour le W3C.

Fidèle à sa logique d'ouverture, le consortium estime que cette approche multiplie les avantages : "pour les développeurs, se baser sur une plate-forme universelle est nettement plus abordable que les autres langages de développement sur mobile. Pour les utilisateurs, il s'agit d'accéder aux vraies richesses du Web", poursuit l'expert.

Pour autant, faire du navigateur un support à fonctions aussi riches que celles offertes par les applications natives, n'est pas encore pour demain même si les choses avancent.

Des navigateurs Web mobiles de plus en plus riches

"La géolocalisation est désormais intégrée au navigateur, ce qui permet d'offrir de nombreux services. Désormais, le W3C travaille sur l'intégration de la reconnaissance vocale (encore au stade expérimental), du carnet d'adresses, et sur l'accès aux composantes hardware du téléphone comme l'appareil photo, l'accéléromètre, le gyroscope ou le microphone. Certaines de ces briques pourraient être opérationnelles en 2011", explique Dominique Hazael-Massieux.

Les Web Apps pourraient donc se multiplier sur ce terrain. Un terrain qui semble intéresser fortement les acteurs de la chaîne de valeurs. Les développeurs et les éditeurs pourront ainsi réaliser de très importantes économies tout en assurant une présence multi plate-forme à travers un développement standardisé.

Mais ce sont surtout les fabricants de terminaux et les opérateurs qui pourraient inverser le rapport de force. Aujourd'hui, ils sont fortement dépendants de Google et d'Apple et ne profitent quasiment pas de la manne des applications.

Ils cherchent ainsi à développer leur propre portail d'applications (initiative WAC) et regardent de très près le développement des Web Apps qui leurs permettraient de reprendre la main sur ce juteux marché. "Les opérateurs sont étroitement et concrètement impliqués dans nos travaux car ils savent que c'est stratégique pour eux. Il s'agit de valoriser leurs tuyaux", souligne l'expert.

Autre gagnant dans cette histoire : l'ouverture. Assurément, les Web Apps permettront de contourner les modèles fermés à la Apple, vertement dénoncés par Tim Berners-Lee, co-inventeur du Web et président du W3C.

Pour lui, le modèle actuel des magasins d'applications constitue une menace pour la neutralité des réseaux. "Cette mode des applis pour smartphone plutôt que des applications Web est inquiétante car le contenu proposé ne fait pas partie du Web", provoquant de fait la mise en place d'un accès Web parallèle mais fermé.

A lire notre dossier : Où en est le HTML 5

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RéagissezRéagissez - 6 commentaires

  • bonjour à tous,

    voici un article très interessant, en effet les plateformes d'apps sont restricitives, et ne permettent pas un developpement universel ... ce qui en soit, est le principe fondateur du web ... mais peut etre pas du web 2.0 ! à suivre ...

    www.geolocblog.com

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  • Bonjour et merci pour l’article,

    En ce qui concerne l’iPhone, la part du marché est effectivement basse (elle l’a d’ailleurs toujours été) mais il faut avoir en tête que cette marque s’accapare à elle seule 50% des profits du marché mobile : http://tech.fortune.cnn.com/2010/10/30/iphone-4-of-market-50-of-profit/

    C’est un peu comme, à l’échelle mondiale, une petite minorité qui possède les ¾ des richesses planétaires : il ne faut pas négliger ce chiffre.

    En ce qui concerne les avancées d’HTML 5, on ne peut pas les nier. Cependant, je suis preneur si vous me montrez une web app qui s’approcherait un tant soit peu de ce que propose Shazam, Google Maps, Spotify etc... en terme de fonctionnalités et d’expérience utilisateur. Ne parlons même pas du domaine du jeu.

    Il faut garder en tête que si Apple, et également Google, investissent massivement dans des SDK qui bénéficient très régulièrement de nombreuses mises à jour, c’est justement pour offrir aux développeurs des outils à même d’offrir une expérience utilisateur de qualité dont HTML 5 ne se rapproche pas à l’heure actuelle.

    Il me semble donc que, malgré les avancées d’HTML 5, les applications natives ont encore de très beaux jours devant elles et il semble difficile, pour le moment, de faire l’impasse sur du développement spécifique pour chaque plateforme visée. En terme de développement cross-plateform, il faut également s’intéresser à des outils comme Titanium (http://www.appcelerator.com/products/) qui propose de générer des applications natives multi-plateformes à partir d’un développement unique.

    Pascal Moutet
    Consultant multimédia & mobilité
    http://iseeds.fr/blog

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  • "l'écrasante domination de l'iPhone sur le marché des smartphones" : information totalement fausse. Apple n'occuppe que la deuxième place du marché des smartphones, avec seulement 23,8% de parts de marché. Le premier demeure Blackberry avec 39,3%. Que ce soit Blackberry ou Apple, ils perdent des parts de marché. Il y a aujourd'hui bien mieux que l'iPhone. Lire http://www.journaldugeek.com/2010/09/16/la-part-de-marche-de-liphone-encore-en-baisse-aux-etats-unis/

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  • Bravo pour cet article!

    Je crois que le développement d'application pure devrait décliner au profit d'application WEB. Obligeant sans doute Apple à donner plus de crédit à leur portail d'application Web. Peut-être vont-ils ajouter une nouvelle icône de base à côté de celle d'App Store.

    La progession d'HTML 5 et toutes ces nouvelles technologie qui vont devenir exploitable m'ammenne à rêver à ce que je pourrai alors inventer.

    En attendant, et ce sera ma ligne pub, j'exploite déjà la géolocalisation. La géolocalisation est encore, le pense, sous exploitée, et multitude de Web application l'utilisant doivent sortir chaque jour.
    la mienne http://pizza.danslecoin.mobi

    Je tombe ce jour par hasard sur businessmobile.fr. Ce site va sans aucun doute alimenter ma soif de connaissance sur le sujet tous les matins.

    Jérôme.

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  • bonjour et merci pour cet article très intéressant.
    effectivement les web apps sont moins interactives avec les fonctions natives du smartphone, mais nous pensons que le business modèle des applications natives est un business a court terme.
    Nous misons depuis le debut sur les web apps pour plusieurs raisons: déploiement multiplateforme, architecture fonctionnelle, facilité de mise a jour, pas d'installations d'applications... bcp d'avantages...
    de plus ce modèle est en complète contradiction avec l'esprit du web et les tendance du cloud computing ou web services.
    dans notre secteur, nous sommes face a la concurrence d'application native et la valeur ajoutée face a notre web application est de l'ordre du gadget... mais a vous pouvez tester par vous même notre application sur www.domus-homesecurity.com

    sylvain

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  • Plus de 90% des applications trouvés dans les store ne sont qu'une réplication du site Web et on fait aussi bien avec un simple fichier css adapté au smartphone. Le véritable + est dans la conservation des données en cas de non connexion mais d'une part HTML 5 devrait régler rapidement ce point et d'autre part, ces smartphone sont souvent vendus avec une connexion 3G illimitée.
    Au final, HTML5 s'imposera rapidement surtout que le remplacement du parc de smartphone est assez rapide et on ne traine pas des enclumes comme IE6

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