Roaming: les associations européennes exigent des baisses drastiques
L’UFC-Que Choisir et ses consoeurs européennes tirent la sonnette d’alarme. Selon elles, la réforme prévue depuis juillet par Bruxelles pour les tarifs des appels mobiles depuis l’étranger, risque fort de ne pas être mise en oeuvre.
Les associations de consommateurs européennes s’inquiètent de la tournure que prennent les débats sur la régulation des tarifs de roaming (ou frais d’itinérance). La Commission européenne a rédigé en juillet dernier un projet de règlement, qui prévoit d’imposer aux opérateurs télécoms des baisses importantes de ces frais, facturés lors qu’un abonné utilise son téléphone mobile depuis l’étranger.
Ce texte est actuellement en préparation au sein du Parlement européen: la commission du Marché intérieur et de la Protection du consommateur a rendu son rapport la semaine dernière. Or ses conclusions sont beaucoup plus souples que ce que prévoyait initialement Bruxelles.
"Un lobbying des opérateurs mobiles»
Et c’est ce qui inquiète la quarantaine d’associations de consommateurs, rassemblées au sein du BEUC (Bureau européen des unions de consommateurs), qui y voient la marque d’un lobby appuyé de la part des opérateurs mobiles et de la GSM Association. Ils « alimentent des craintes infondées » auprès des parlementaires, accuse Joël Dufour, administrateur national de l’UFC-Que Choisir. «Ils affirment aussi qu’une régulation n’est pas nécessaire, car la baisse des prix est en marche, ce qui est abusif et faux».
Concrètement, Bruxelles proposait en juillet dernier de fixer un plafond pour les tarifs de gros comme pour les tarifs de détail. Selon ses calculs, appeler vers son pays depuis l’étranger devrait coûter au client final 49 centimes d’euros (HT) la minute. Sur place, dans le pays étranger, les communications seraient plafonnées à 32 centimes.
La France soutient les opérateurs
Les premières discussions en commission au Parlement européen ont dynamité ces propositions: les députés se sont prononcés pour un tarif unique, pour les communications passées depuis l’étranger. Et surtout, ils souhaitent donner comme référence une moyenne des prix de détail, avec un plafond nettement plus élevé: 60 centimes d’euros.
En France, François Loos, ministre délégué à l’Industrie, soutient cette version du texte: le projet de la Commission européenne « pourrait représenter un manque à gagner annuel de l'ordre de 400 millions d'euros pour les opérateurs français et avoir des répercussions sur les autres tarifs de communications nationales, mais aussi sur l'emploi et sur la capacité d'investissement des opérateurs », indique-t-il dans un communiqué.
Des arguments inacceptables pour les associations de consommateurs, dont les propositions vont encore plus loin que celles de la Commission européenne: entre 24 et 32 centimes maximum pour les appels depuis l’étranger. Ce qui permettrait encore aux opérateurs, selon les chiffres fournis par l’UFC-Que Choisir, de dégager des marges entre 145 et 172%.
La GSM Association «sous-estime volontairement l’augmentation des volumes de consommation depuis l’étranger, que pourrait provoquer une baisse des prix, et qui viendrait compenser en partie la baisse des revenus», martèle Julien Dourgnon, directeur des études et de la communication de l’association.
Des prix actuels délirants
Si sa tarification était retenue, l’UFC-Que Choisir estime que les consommateurs européens pourraient économiser environ 4,5 milliards de dollars par an. Dans le même temps, « la rentabilité d’un opérateur comme Vodafone baisserait de 0,5% seulement », note-t-elle.
L’association s’est livrée à un petit exercice pratique: toujours en retenant ses hypothèses de départ, les 785 députés européens, grands consommateurs de communications en roaming, réaliseraient une économie de 908.687 euros par an (815.595 euros sur la base des hypothèses de la Commission européenne).
« Si nous voulons construire le marché européen intérieur des télécoms, il faut orienter le prix du roaming vers les prix nationaux », soutient Joël Dufour. « Les baisses que l’on propose paraissent énormes, mais c’est parce que les prix actuels sont absolument délirants », renchérit Julien Dourgnon.
Ce texte devrait être examiné au printemps au Parlement européen. La présidence allemande de l’Union espère que la question sera tranchée d’ici le premier juillet.
À lire aussi
- Roaming: les opérateurs ouvrent leur comparateur de prix en ligne
- Roaming: le règlement de Bruxelles prévoit des baisses de tarifs drastiques
- Les opérateurs mobiles inquiets façe à la future réglementation sur le roaming
- Roaming: Orange baisse ses tarifs
- Téléphonie mobile: Bruxelles s'engage à supprimer les surcoûts du "roaming"
Réagissez
Soyez le premier à réagir à cette actualité.
Dernières News
-
62 000 euros d’amende pour l'éditeur d'un faux Angry Birds piégé
Sécurité -
Le malware, déguisé en fausses applications de jeu à succès envoyait automatiquement des SMS surtaxés. Une méthode très répandue dans les malwares mobile, et plus particulièrement sur Android, disent les experts.
[Réagissez !] 25 mai 2012 -
Google+ s'offre une mise à jour sur Android
Application -
Nouvelle ergonomie et nouvelles fonctions pour la version mobile du réseau social du géant de Mountain View.
[Réagissez !] 25 mai 2012 -
Apple continue à dominer la pub mobile aux Etats-Unis
Avis d'expert -
Selon l'agence Millennial Media, les terminaux à la pomme concentrent près de 30% des impressions publicitaires au 1er trimestre.
[1 commentaire] 25 mai 2012 -
Chiffres IDC : Android et iOS creusent l’écart avec la concurrence
Business -
Les chiffres IDC pour le 1er trimestre créditent Android de 59% de parts du marché des smartphones et iOS de 23%. Symbian et BlackBerry OS sont en fort recul.
[4 commentaires] 25 mai 2012 -
Espagne : Telefonica et Vodafone sur le point d'arrêter les subventions de mobiles
Business -
Associer un smartphones presque gratuit à un abonnement n'est plus un modèle économique viable, estiment les deux opérateurs.
[Réagissez !] 25 mai 2012
