Réseau Free Mobile : SFR affiche ses doutes et avance ses preuves à l'Arcep
Business -
L'opérateur a envoyé un courrier au régulateur afin de lui faire part de ses propres mesures. Pour SFR, l'essentiel des appels de Free ne passe pas par son réseau.
Après les accusations à peine voilées d'Orange, après la charge des syndicats de cadres des opérateurs télécoms, c'est au tour de SFR d'accuser officiellement Free Mobile de ne pas avoir allumé effectivement son réseau mobile.
On le sait, depuis le lancement du nouvel entrant, les doutes se multiplient sur ce point. Si le régulateur a bien validé la couverture à 27% de la population du réseau de Free Mobile avant son lancement, pour ces acteurs, l'opérateur aurait ensuite éteint presque totalement son infrastructure pour se reposer uniquement sur Orange, avec qui il a signé un accord d'itinérance 2G et 3G.
SFR est le premier à formaliser son attaque. Et pour la première fois, des preuves sont apportées. Dans un courrier adressé à l'Arcep, publié par Le Figaro, SFR accuse. Il affirme avoir lui même effectué 3000 mesures dans toute la France (avec les fameux huissiers évoqués il y a plusieurs semaines ?).
"Des appels qui passent quasi-exclusivement par le réseau Orange"
"Il ressort des mesures réalisées que, même dans certaines communes réputées couvertes par Free Mobile, les appels ont transité majoritairement, voire quasi-exclusivement par le réseau en itinérance d'Orange", souligne SFR.
"Il s'ensuit que la population résidant dans les zones où les appels émis transitent par le réseau d'Orange ne saurait en aucun cas être regardée comme couverte par le réseau de Free Mobile", ajoute l'opérateur. "Ces mesures suscitent donc les doutes les plus sérieux sur le respect par Free Mobile de ses obligations de couverture", fait-il valoir.
De quoi alimenter le débat. Du côté de Free, le discours ne change pas : le réseau est opérationnel. Auditionné par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, Xavier Niel, le patron de Free s'est voulu clair.
"L'Arcep a validé la couverture active de notre réseau et nous continuons à poser des antennes. Le seul moyen de fonctionner économiquement, c'est d'avoir son réseau. Pour l'instant, nous avons aussi un accord commercial avec Orange qui nous permet de couvrir la quasi-totalité de la population. Ce réseau nous le louons à Orange, c'est fantastique mais ce n'est pas la meilleure solution. On ne pourra ainsi pas se contenter d'un accord d'itinérance avec Orange puisque nous gagnerons de l'argent avec une couverture de 90%".
Et d'être un peu plus précis : "A Paris, nous avons très peu d'antennes, c'est vrai. Nous sommes bien plus présents dans les villes moyennes. Nous disposons de 1000 antennes actives, je dis bien actives. Il y a un trafic significatif qui passe par notre réseau. Nous en avons commandé 5000. Nous serons en avance sur nos engagements de 90% de couverture en 2018".
Seconde vérification
Ce que ne semble pas convaincre la concurrence qui s'appuie sur ses doutes pour décrédibiliser au maximum l'offre de Free. Reste que la pression a fini par payer.
L'Arcep a ainsi du accepter de vérifier à nouveau le réseau de Free. "Dans un souci de transparence et de sérénité", le gendarme des télécoms a demandé à Free Mobile "d'actualiser les informations relatives à l'état de son réseau" et qu’il "engagera une vérification sur le terrain". Les résultats de ces contrôles seront rendus publics.
Une nouvelle vérification qui a le don de l'exaspérer puisque l'Autorité estime avoir fait son boulot. "Nous ne contrôlons pas un réfrigérateur éteint qui peut
éventuellement être allumé : nous nous assurons qu'il fonctionne et
qu'il conserve bien les aliments au frais. Même si 40 % des antennes
sont éteintes, tant que l'obligation de 27 % de couverture avec son
réseau propre est effective, le règlement est respecté", explique Jean Ludovic Silicani, patron de l'Autorité
Et de dénoncer la pression exercée par la concurrence. "Si à chaque fois quelqu'un vient dénoncer son concurrent sans aucune preuve, alors nous sommes dans la République de la rumeur et non dans celle du droit", dit-il.
Sauf qu'aujourd'hui, les preuves existeraient, selon les accusations de SFR... Au régulateur de les examiner.
À lire aussi
- Réseau Free Mobile : quand Eric Besson antidate ses courriers pour fragiliser l'Arcep
- SFR tacle Free Mobile dans une publicité
- S. Richard, Orange : "Le réseau de Free pose des questions, que l'Arcep fasse son boulot"
- Free Mobile : réseau et portabilité, l'Arcep met en avant son indépendance
- Free Mobile : E.Besson demande au GIE de doubler les capacités de portabilité
- Réseau Free Mobile : Eric Besson s’en mêle, l'Arcep va vérifier mais s'agace
- X.Niel, Free : "Nous avons 1.000 antennes actives, la concurrence fait tout pour nous discréditer"
- Free Mobile : les syndicats de la concurrence passent à l'attaque
Réagissez - 12 commentaires
-
J'ai cru comprendre de la part de Free que la couverture des 25% de départ n'était pas concentrée dans la région parisienne mais plutôt là où il plus facile d'installer des antennes, et là où il est plus facile d'écouler du trafic
Si c'est cela c'est un bonne stratégie. Il faut voir dans quelles régions et zone où sont fait ces tests.
Ceci dit il faut se souvenir que la Troïka faisait profil bas lorsque l'Arcep les enjoignait de respecter leur engagements de couvertures et qu'ils n'étaient pas prêt ! Vous avez la mémoire courte, non ? Mr. SFR, Mr. Bouygues et Mr. Orange?
C'est un peu l'arroseur arrosé. !! -
Le problème, c'est que les mesures de SFR ne sont pas exhaustives, loin s'en faut, et ne constituent donc absolument pas une "preuve", à l'inverse de ce que dit l'article.
-
Du grand n'importe quoi comme d'habitude ! D'une ce n'est pas à la concurrence de vérifier, ils peuvent bidouiller ce qu'ils veulent, même en présence des huissiers qui n'y connaissent rien.
X N. est suffisamment intelligent pour ne pas tomber dans un tel piège, sachant par avance que les autres feraient tout pour lui mettre des bâtons dans les roues !
http://www.pcinpact.com/news/68709-couverture-free-mobile-syndicats-telecoms-arcep.htm -
Pas de commentaires .
Il est temps d'attendre le résultat de la vérification d'Arcep. De plus , on ne connait pas le contrat Orange / Free mobile sur l'accord d' itinérance.
hypothèse :
1- Accord sur la facturation du flux . Dans ce cas , plus les clients Free passent par le réseau Orange , il n' y aura pas de problème . Orange encaisse plus d'argent
2- Accord forfaitaire , là il n' y aura de problème . Car Free devrait couvrir 27% de la population -
En cas de contrôles d'huissier attestant les faits (absence de couverture des 27%) l'ARCEP est obligée de recontrôler le réseau de Free sous peine d'être totalement discréditée dans un tribunal, ce qui entrainerait probablement une démission de ses membres pour incompétence.
Cet organisme public financé par le contribuable est d'abord là pour appliquer les textes officiels parus au JO et les faire respecter aux opérateurs.
En gros, contrairement à ce que dit Mr Silicani, l'ARCEP est obligé de contrôler les dires des opérateurs, et ce à tout moment, en particulier en cas de doute constaté par huissier. -
Beaucoup de commentaires de personnes qui ne semblent rien connaitre au monde professionnel du mobile. Pour recadrer certaines choses:
SFR, comme Bouygues savent très précisément ou sont la totalité des relais de Free Mobile en raison des déclarations obligatoires à l'ANRF, qui consulte ensuite tous les opérateurs existants pour éviter les risque de brouillage en demandant un accord de principe pour chaque relais.
1000 antennes relais à controler, quand on connait les positions GPS très précises de celles ci et qu'on dispose de plusieurs milliards d'euros dans un grand groupe, ce n'est vraiment pas compliqué d'envoyer quelques dizaines d'huissiers pendant 2 ou 3 semaines les vérifier avec un mobile de test / monitoring en voiture.
Ces mesures faites par des personnes assermentées constituent une preuve devant un tribunal, même si l'ARCEP a mesure la conformité du réseau de Free à un instant T passé.
L'ARCEP le sait et se retrouve acculé à devoir tout recontrôler sous peine de passer pour laxiste, voir incompétente devant un tribunal en cas de plainte probable des 2 autres opérateurs.
Bref, Free se retrouve pris à son propre piège. Par contre, l'opérateur risque effectivement au mieux une amende pour non respect de la licence, et bcp plus grave, une interruption de l'accord avec Orange pour non respect de cette licence.
Moralité, éviter d'insulter les concurrents et les clients quand on dépend d'eux à son lancement, et surtout, mettre un peu son orgueil démesuré de côté (message à Mr Niel) -
Et sinon, un article argumenté sur le sujet de la part d'un site qui s'appelle BusinessMobile, ce ne serait pas trop demandé ?
Comme par exemple, un mot d'explication sur le fait que 27% de population couverte, ne signifie absolument pas que 27% des appels passeront par le réseau d'Orange (notamment à cause du réseau d'Orange bcp plus dense qui fait que les téléphones basculent sur son réseau au lieu d'accrocher celui de Free, même s'il est présent) au lieu de reprendre les communiqués de presse des concurrents, condamnés pour entente illicite.
Vraiment incroyable ce traitement de l'information sans enquête, sans explication. Juste la polémique. Effectivement, pour afficher des pages et donc de la pub, c'est utile. Par contre, pour fidéliser les lecteurs et faire un vrai travail d'information, là, y'a plus personne hein :-) -
« Beaucoup de commentaires de personnes qui ne semblent rien connaitre au monde professionnel du mobile »
A commencer par vous qui ne faites pas la différence entre la couverture d'un territoire rapport à sa population exigée par la loi, et les mesures de SFR qui se contentent de vérifier si un appel passe par le réseau Free ou Orange, ce qui n'est évidemment, pas du tout ce qu'impose la loi. Un appel passant par Orange décomptant pour Free une zone non couverte car l'antenne Orange est plus proche et donc choisie par le téléphone, même si le réseau Free est présent au point donné et aurait permis de passer un appel.
A l'extreme, Free pourrait bien avoir la couverture demandée par loi et n'y faire transiter aucun appel que la société respecterait quand même la loi. -
"D'une ce n'est pas à la concurrence de vérifier, ils peuvent bidouiller ce qu'ils veulent, même en présence des huissiers qui n'y connaissent rien." : et comme de l'autre côté ce n'est pas non plus à free d'apporter les preuves qui infirment cela vu qu'ils ont tout intérêt a dire que c'est faux même quand c'est vrai, autant laisser faire une entité tierce
-
on en lit des erreurs ici:
la connexion a un réseau est un paramètre géré par la carte sim:
si c'est une carte sim Free le mobile va chercher en priorité à se connecter aux fréquences disponibles taguées Free donc si le réseau Free est ouvert et disponible la carte sim va se connecter au réseau Free.
C'est seulement s'il n'y a pas de capacité disponibles sur Free ou s'il n'y a pas d'antenne relais proche que la carte va se caler sur le réseau Orange -
Pour savoir les opérateurs disponible sur une zone c'est simple:
un appareil de test scannant les fréquences et qui identifie une information disponible dans chaque fréquence et spécifique à chaque opérateur : le code d'identification international -
Tout à fait d'accord.
En clair , à un endroit précis , si vous avez 2 réseaux : freemobile avec une barre et Orange 4 barres , vous connectez sur le réseau free.
Les favoris du réseau sont en durs sur la carte sim . Ces réseaux sont mise à jour par OTA (on the air).
C'est surtout au niveau de roaming à l'étranger.
Chez Orange , à l'étranger ce sera dans l'ordre réseau Orange si c'est présent puis les réseaux partenaires .
La mise à jour est faite par OTA ou souvent dans le message Welcom lors qu'on passe la frontière.
Ce ci dit , ce sont la gestion des réseaux automatiques , rien n'empêche de choisir manuellement la connexion au réseau le plus performant à l'étranger.
Dernières News
-
62 000 euros d’amende pour l'éditeur d'un faux Angry Birds piégé
Sécurité -
Le malware, déguisé en fausses applications de jeu à succès envoyait automatiquement des SMS surtaxés. Une méthode très répandue dans les malwares mobile, et plus particulièrement sur Android, disent les experts.
[Réagissez !] 25 mai 2012 -
Google+ s'offre une mise à jour sur Android
Application -
Nouvelle ergonomie et nouvelles fonctions pour la version mobile du réseau social du géant de Mountain View.
[Réagissez !] 25 mai 2012 -
Apple continue à dominer la pub mobile aux Etats-Unis
Avis d'expert -
Selon l'agence Millennial Media, les terminaux à la pomme concentrent près de 30% des impressions publicitaires au 1er trimestre.
[1 commentaire] 25 mai 2012 -
Chiffres IDC : Android et iOS creusent l’écart avec la concurrence
Business -
Les chiffres IDC pour le 1er trimestre créditent Android de 59% de parts du marché des smartphones et iOS de 23%. Symbian et BlackBerry OS sont en fort recul.
[4 commentaires] 25 mai 2012 -
Espagne : Telefonica et Vodafone sur le point d'arrêter les subventions de mobiles
Business -
Associer un smartphones presque gratuit à un abonnement n'est plus un modèle économique viable, estiment les deux opérateurs.
[Réagissez !] 25 mai 2012
