Pour la Cnil, l'iPhone bavarde secrètement avec Apple pendant votre sommeil
Sécurité -
La Commission nationale Informatique et Libertés s'est penchée sur les questions suscitées par le fameux fichier collectant les déplacements des utilisateurs d'iPhone. Une approche "originale" mais pas de traçage, selon elle.
Souvenez-vous. En avril dernier, des chercheurs informatiques mettaient à jour l'affaire de la collecte et du stockage des données non cryptées de localisation des utilisateurs d'iPhone, permettant leur traçage géographique. Une découverte qui a très rapidement fait scandale.
Après avoir réfuté ces révélations, Apple expliquait que le fameux fichier consolidated.db collecte et enregistre bien l'emplacement des antennes GSM et WiFi rencontrés par l'utilisateur en mouvement. Il s'agit de permettre à l'iPhone d'être plus réactif lors de nouvelles connexions à ces antennes et ainsi faciliter sa localisation sans forcément passer par le GPS plus long à se mettre en place.
Pourquoi ces données sont-elles envoyées à Apple ? Tout simplement pour améliorer le service dans son ensemble en mutualisant toutes ces données. La pomme adopte ici un discours à la Google qui répète que la collecte des données de recherche participent à l'amélioration générale de son moteur.
Pas de flicage mais de l'optimisation de son expérience mobile. Convaincu ? La Cnil (Commission informatique et libertés) s'est penchée sur la question et a mené son enquête. Elle en livre aujourd'hui les conclusions.
"La Cnil avait immédiatement contacté Apple pour obtenir des explications. Cette société a depuis fourni quelques éclaircissements et a mis à jour le système d'exploitation (OS) de son téléphone pour tenter de répondre à certaines inquiétudes liées à ce fichier", explique d'abord la Commission.
Une approche "originale"
Et de poursuivre : "Il apparait notamment que ce fichier n'est pas transmis par le réseau à Apple et demeure stocké, sous le contrôle de l'utilisateur, sur l'iPhone et sur son PC. Une interrogation demeure cependant : y'a-t-il malgré tout d'autres informations de géolocalisation qui sont transmises à Apple et comment ?"
Pour répondre à cette question, la Cnil a mis sous surveillance un iPhone 3GS connecté à un réseau WiFi, a analysé ses communications et observé les données de géolocalisation qu'il transmet à Apple.
Cette surveillance a d'abord permis de comprendre le fonctionnement d'une demande de géolocalisation. Lorsqu'un utilisateur d'iPhone demande à être géolocalisé, en utilisant par exemple l'application "Boussole" ou "Maps", le téléphone interroge le serveur de géolocalisation d'Apple. Cet échange observé se limite alors à quelques messages.
Le téléphone envoie à Apple une courte liste des quelques points d'accès WiFi qu'il a détectés à proximité. Ces points d'accès sont identifiés uniquement par leur adresse MAC, sans aucune autre information complémentaire (telle que la localisation, la force du signal ou le SSID).
Ensuite, le serveur d'Apple répond avec une longue liste répertoriant la localisation de plusieurs centaines de points d'accès WiFi situés autour du téléphone, dans un rayon de 150 mètres environ. Chaque point d'accès est identifié par son adresse MAC associée à sa position géographique. Ces informations sont complétées par quelques données techniques.
Jusque là, rien de vraiment anormal. Mais la Cnil s'est aperçue que la nuit, l'iPhone continue à "échanger" avec Apple. "L'observation du téléphone pendant plusieurs nuits a permis de découvrir que l'iPhone contacte également les serveurs de géolocalisation d'Apple ponctuellement sans aucune intervention de l'utilisateur, dès lors qu'il est allumé et connecté à un point d'accès WiFi".
Et d'expliquer : "Cet échange est simple : l'iPhone envoie à Apple des informations sur les points d'accès WiFi qu'il a "vus" dans les heures ou les jours précédents. Ces points d'accès WiFi sont identifiés par leur adresse MAC associée à la force du signal mesuré et la position géographique (GPS) du téléphone au moment de la mesure (ainsi que d'autres données techniques complémentaires, à l'exclusion du SSID)".
Pas de traçage
"C'est ainsi, semble-t-il, que les serveurs d'Apple enrichissent et mettent à jour leur base de données de géolocalisation WiFi, en mettant à contribution les utilisateurs d'iPhone pendant leur sommeil", conclut la Commission.
Alors, y'a-t-il abus ou pas ? La Cnil estime que l'approche d'Apple est "originale" et souligne que les informations sont transmises "à l'insu de l'utilisateur". Elle souhaite donc "s'assurer que ce mécanisme ne se transforme pas en un outil permettant de tracer les personnes".
Reste que selon ses experts, "les communications entre l'iPhone et Apple ne contiennent pas d'identifiant unique ou autre information permettant d'identifier le téléphone. Ce choix technique, confirmé récemment dans un courrier par Apple, rend cette collecte en principe anonyme et élimine donc largement le risque de traçage des personnes. Néanmoins, Apple devrait informer clairement ses utilisateurs de ce type de traitement".
La Commission restera néanmoins attentive et souligne que "cette analyse technique ne préjuge pas de la conformité de ce dispositif au regard de la loi Informatique et Libertés".
Elle rappelle également que des travaux similaires sont également en cours sur les téléphones des systèmes concurrents, notamment Android.
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Réagissez - 6 commentaires
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En gros, l'iPhone se met à jour pour une meilleure perf et de précision de géolocalisation.
Comme c'est anonyme, cela ne me dérange pas.
Le seul truc qui me choque, c'est en communiquant en wifi, l'iPhone pompe la batterie alors qu'il est supposé etre en mode éco.
Finalement, dialoguer la nuit à l'insu de l'utilisateur n'est pas une bonne idée. Le mieux serait encore d'envoyer les infos au moment où l'utilisateur sollicite vraiment le wifi. Ca consomme à peine plus et c'est moins fourbe. -
@KingKong : si c'était purement pour des meilleures perfs et géolocalisation, pourquoi durant la nuit il y aurait plus d'échanges que durant la journée.
Par exemple, pourquoi la force du signal (bon je vois pas bien qu'elle serait l'utilité qu'en aurait Apple de toute manière mais bon).
Après tout, pour de la géolocalisation, Apple n'a besoin que de l'adresse MAC et de la position.
"Le seul truc qui me choque, c'est en communiquant en wifi, l'iPhone pompe la batterie alors qu'il est supposé etre en mode éco."
=) Ca, je pense pas que çà soit trop génant.
Ca se trouve, l'iPhone allume le wifi 30 secondes, fait le transfert, et s'éteint à nouveau (enfin si il était éteint). Après tout, c'est un simple fichier texte, qui ne doit pas faire une taille affolante.
Et ce qui est embétant, ce n'est pas tant le moment de la journée à laquelle que c'est fait, mais plutot que çà soit fait à l'insu de l'utilisateur.
Tu pourrais très bien imaginer un message une fois tous les 2-3 jours disant :
"Acceptez vous de synchroniser les points d'accès wifi trouvé vers les serveurs Apple, afin d'accélérer la géolocalisation ?"
ps : ce que je dis là, je le pense aussi pour Android et Windows Phone :p -
ce qui est gênant c'est de ne pas être prévenu.
pourquoi ils ne préviennent pas ? par cela peut faire peur à certaine personnes, mauvais pour les ventes ...
donc ils le font en douce ... tout à fait à l'image d'apple -
Franchement je vois pas ce qu'on apprends de nouveau ici. C'est le modèle économique retenu par Apple qui veux ça. Ceci dit faut être réaliste, google fait plus ou moins la même chose
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@ shooby
non !! google indique à l'utilisateur si il veux ou non que des informations soit envoyées
1) Google prévient
2) Google laisse le choix
ce n'est pas du tout la même chose ! -
je sais pas pourquoi mais je trouve ca bizarre que ce type d'infos sorte au moment de la sortie de l'Iphone 4S.
je suis toujours de l'avis que les journalistes ne restent pas si objectifs que ca et qu'ils font comme les operateurs et les pouvoirs publics face a Apple: ils baissent leur froc et leur fournissent une pub gratuite. d'ou le tel succes de la pomme.
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