Orange supprimerait certaines applications d'Android pour imposer les siennes
Stratégie -
GMail, GTalk ou encore YouTube ne sont pas intégrés dans certains combinés Android distribués par l'opérateur qui préfère mettre en avant ses propres services, plus coûteux...
Orange semble à nouveau céder aux sirènes séduisantes mais risquées du 'wall garden', à savoir la mise en place de chasses gardées sur les mobiles qu'il distribue. Selon une information de 01Net.fr, l'opérateur supprime en effet certaines applications phares dans certains modèles Android afin de pousser ses propres services.
Concrètement, GMail (messagerie), GTalk (messagerie instantanée) et même YouTube ne sont pas pré-installés dans les HTC Tatoo, Hero et le Samsung Galaxy Spica. Si YouTube est disponible via le navigateur, il sera impossible aux utilisateurs d'installer les deux logiciels de messagerie de Google, ces derniers étant soumis à des conditions d'accord entre le géant de la recherche et les opérateurs.
Interrogé par nos confrères, Orange confirme à demi-mots cette pratique. "Nous personnalisons les logiciels des téléphones aux couleurs d'Orange et nous y ajoutons nos propres applications, sans appauvrir les fonctionnalités des produits", explique-t-on. Comment alors expliquer la disparition de certaines applications ?
Certains modèles seraient mis sur le marché avec la Rom d'origine (avec toute la panoplie des logiciels Google), pour accélérer la disponibilité du produit mais d'autres non. Dans les boutiques, c'est donc la grande loterie.
Personnalisation ou bridage ?
Reste que cette "personnalisation" d'Orange aurait surtout pour but d'imposer des logiciels maison, facturés en plus des forfaits. Car si l'utilisation d'une application comme GMail est incluse dans les offres d'abondance de manière quasi-illimitée, ce n'est pas le cas de son homologue Orange qui fait appel à des protocoles qui ne sont pas inclus dans les forfaits Internet Mobile.
Il faut dire qu'Orange (comme d'autres opérateurs intégrés) est face à une problématique complexe. D'un côté les revenus voix baissent et de l'autre, l'explosion de la data ne leur profite pas directement. Apple, le roi en la matière avec son App Store, ne leur reverse rien.
Dans le même temps, les autres fabricants s'inspirent de ce modèle en lançant leurs propres boutiques d'applications. Certes, une part des revenus est reversée mais encore une fois, les opérateurs perdent la main et l'initiative.
Par ailleurs, les fabricants développent leurs propres interfaces utilisateur qui laissent moins de place aux services des opérateurs alors qu'auparavant, les opérateurs faisaient la loi sur ces écrans d'accueil.
La contre-offensive s'est donc articulée autour de deux axes. Lors du dernier Mobile World Congress, 24 plus grands opérateurs mondiaux, l'association GSM et 3 constructeurs (LG, Samsung et Sony Ericsson) ont annoncé la Wholesale Applications Community.
Objectif officiel, en finir avec la fragmentation du marché en créant une plateforme unique et ouverte grâce à laquelle les développeurs pourront diffuser facilement leurs créations sur les différents modèles de smartphones existants. Objectif officieux, reprendre la main sur le juteux marché des applications.
Seconde piste : lancer des terminaux contrôlés de bout en bout. C'est le cas avec Vodafone 360 ou encore le Boston d'Orange sous Android. Avec ces smartphones en marque blanche, l'opérateur fait ce qu'il veut.
"Une telle initiative a du sens car elle permet aux opérateurs de pousser et de mettre en avant leurs propres services ou contenus. Cette stratégie est d'autant plus importante pour des opérateurs globaux comme Orange qui cherchent à modifier le rapport de force qui existe entre opérateurs, fabricants de mobiles et éditeurs d'OS", commente Thomas Husson, analyste chez Forrester.
Stratégie risquée
Une stratégie cependant contestée par d'autres opérateurs comme Bouygues Telecom. Pour Didier Hingant, directeur des produits, c'est un peu chacun son métier. "Nous avons une position ouverte mais nous considérons que le service n'est pas notre métier. Si le fabricant propose une bonne plate-forme de services, il n'y a aucune raison que nous le remplacions".
Reste que cette stratégie de bridage des services, sur les mobiles des fabricants ou sur ceux en marque blanche, est risquée face à des consommateurs de plus en plus exigeants. Elle pose également la question de la neutralité du Net.
Peux-ton parler d'Internet Mobile alors que certaines applications sont inaccessibles ? Pour l'UFC Que Choisir, la réponse est non.
"Un opérateur ne pourra pas qualifier son offre d'Internet Mobile s'il s'agit d'un accès sélectif ou bridé. Internet, c'est un accès global, universel et à un seul prix. Nous ne voulons pas que des opérateurs très intégrés qui fournissent leurs propres contenus s'amusent à décréter qu'il y a un problème avec la vidéo, bride celle des autres mais pas la leur", nous explique Edourad Barreiro, responsable des questions TIC au sein de l'association de consommateurs.
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Réagissez - 1 commentaire
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Je crois qu'Orange prend un sacré risque en se positionnant ainsi sur les portables Android. Ils se séparent clairement d'un public prônant le 100% open-source incarné par ce nouveau souffle Google ...
http://android-paradize.com
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