Nomad3D veut embarquer la 3D sur les smartphones et tablettes
MWC 2011 -
La start-up française a développé une solution peu gourmande en énergie grâce à laquelle les fabricants de terminaux et les fournisseurs de contenus pourraient proposer de la vidéo 3D en streaming. Découverte.
La scène se déroule au salon Imagina à Monaco. Sur le stand de l’incubateur Paca-Est, une petite foule entoure une personne munie d’une tablette de 7 pouces sur laquelle passe un film en 3D. Personne ne porte de lunettes spéciales mais les effets 3D sont pourtant de très bonne qualité. A l'origine de cette performance technologique, on trouve start-up française basée à Sophia Antipolis. Son nom : Nomad3D.
La jeune pousse a mis au point un procédé permettant d’offrir une solution de streaming vidéo 3D sur des terminaux mobiles, le tout sans dilapider l’autonomie. Une technologie qui repose sur deux éléments : un codec vidéo baptisé 3D+F compatible avec tous les formats de compression existant (H.264, MPEG-4, DivX, Quick Time, WMV, etc.) et une puce décodeur intégrée dans le smartphone ou la tablette équipés d’un écran compatible avec la 3D auto-stéréoscopique.
Autonomie préservée
« La 3D n’a d’avenir que sans les lunettes », estime Alain Fogel, fondateur et P-DG de Nomad3D. Il estime que les technologies auto-stéréoscopiques actuelles (parallax, lenticulaire) suffisent amplement aux écrans de taille moyenne (5 à 12 pouces) et petite (3 à 5 pouces). « Mais faire de la 3D sur mobiles nécessite de la compression et de la décompression qui demandent une grande puissance de calcul et a donc une incidence sur l’autonomie du terminal. C’est là que nous apportons notre solution », explique-t-il..
Selon lui, regarder un film en 3D traité avec son codec et sa puce 3D+F ne consomme que 10% d’autonomie en plus par rapport au même film en 2D. L’une des clés du système est que l’algorithme de Nomad3D utilise une seule image qui contient l’information des images droite et gauche là où les autres codecs vont générer deux images. C’est grâce à cela que 3D+F peut réduire la puissance de calcul nécessaire de façon significative et consommer deux fois moins que des procédés concurrents. Le tout en préservant un rendu de qualité HD. « Nous sommes sur du 720p en 60 Hz », souligne Alain Fogel.
Une technologie facile à implanter pour les fabricants
L’autre gros avantage du système est qu’il peut être adopté par les fabricants de terminaux mobiles très rapidement. La puce décodeur 3D+F peut en effet être intégrée directement dans un écran auto-stéréoscopique. « Nous pouvons transformer un smartphone 2D en smartphone 3D en changeant simplement le module d’écran ». Cela favoriserait un délai de mise sur le marché beaucoup plus court et des coûts de R&D nettement inférieurs pour les fabricants qui n’auraient pas à modifier leur architecture matérielle en vue d’adopter cette technologie.
Dans le modèle économique imaginé par Nomad3D, les éditeurs ainsi que les diffuseurs de contenus (opérateurs, prestataires de services, FAI…) se serviront du codec 3D+F pour convertir leurs vidéos qui seront stockées en ligne. Ils pourront alors proposer du streaming vidéo 3D à leurs clients possédant un terminal compatible. « Aujourd’hui, il n’existe pas encore de solution de streaming 3D sur tablettes et smartphones », souligne Alain Fogel.
Dans les set-top box
La technologie peut aussi fonctionner uniquement avec un décodage logiciel, sans recourir à la puce, mais la consommation d’énergie est alors plus importante.
Le codec 3D+F pourrait par exemple être présent dans un décodeur multimédia ou la box d’un FAI reliée à un téléviseur 3D. « Nous pouvons aussi tirer parti de la présence de plus en plus répandue d’une sortie HDMI dans les smartphones actuels. Les utilisateurs pourraient par exemple connecter leur terminal équipé de notre codec à un écran et visionner un film 3D en toute simplicité ».
Nomad3D dit avoir testé sa solution avec un processeur OMAP 3 de Texas Instrument et obtenu de bons résultats. La start-up française est présente au Mobile World Congress où elle présente sa technologie conjointement avec son partenaire Ipercast (spécialiste français de la gestion et diffusion de contenus audio/vidéo numériques) et le fabricant taiwanais d’écran Powertip. « Nous sommes en contact avec les principaux fabricants de terminaux et nous avons également de bons contacts avec certains éditeurs de contenus », affirme Alain Fogel.
L’une des clés de la réussite de Nomad3D repose sur une large diffusion de son codec que la start-up espère pouvoir standardiser rapidement.
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