Nokia refuserait aux opérateurs la personnalisation de l’interface de la tablette N900
Cherchant à emprunter avec l’OS Maemo une autre voie que pour Symbian, Nokia ne laisserait pas la possibilité aux opérateurs de personnaliser sa tablette tactile N900. Un pari risqué.
Selon des informations rapportées par Reuters, Nokia veut adopter une politique radicalement différente pour Maemo, l’OS issu de Linux présent dans la tablette tactile N900.
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La firme finlandaise envisage ainsi de ne pas laisser aux opérateurs distribuant le produit la possibilité de personnaliser l’interface avec une surcouche logicielle comme cela se pratique systématiquement avec Symbian. Nokia voudrait ainsi réaliser des économies et se rapprocher des modèles de l’iPhone d’Apple et d’Android.
« Très clairement Apple, Android…sont moins portés sur la personnalisation pour les opérateurs et plus tournés vers l’apport d’une valeur ajoutée au client final », explique David Rivas, vice-président de la division R&D pour les terminaux Nokia. Il ajoute qu’avec Maemo, « nous avons une opportunité, dont nous allons tirer parti, de proposer quelque chose de complètement différent de Symbian ».
Reste que les opérateurs tiennent beaucoup à la personnalisation grâce à laquelle il insère des services maison qui servent à compenser l’octroi d’une subvention sur le terminal. Seul Apple a pu se permettre une telle politique. Mais l’iPhone est incontournable tandis que la tablette N900 doit encore faire ses preuves. (Eureka Presse)
A voir : Nokia une histoire fiinlandaise en images
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Tout d'abord les magasins du type App Store, maintenant le recentrage sur la cohérence d'interface au service de la valorisation de l'expérience utilisateur telle qu'elle est pensée par le concepteur du terminal... et voilà comment à terme tous convergent une fois de plus vers le modèle d'Apple.
Mais David Rivas a raison, ils ont l'avantage de pouvoir proposer deux conceptions différentes, et donc de contenter deux publics aux attentes différentes. Reste à savoir si Symbian et Maemo vivront encore longtemps leur vie en parallèle ou si à terme seul l'un d'eux survivra... -
A mon avis ils ont raison ...
C'est souvent pénible la personnalisation faite par les opérateurs ... En tout cas chez orange, ça me saoule.
Par contre pour la subvention c'est moins top ... -
@nolan : Il me semble, même si c'est à confirmer, que des années avant apple, les blackberry faisaient déjà la même chose, ou du moins avaient un contrat avec l'opérateur pour que la personnalisation soit vraiment limitée (un élément du menu).
Qui a déjà eu la barre latérale moche d'Orange sur son blackberry ? Qui a déjà eu un thème orange et gris absolument atroce de laideur ? Ou un fond d'écran bleu ciel avec écrit "Bouygues" ?
Quand à l'app store, ça fait des années que les opérateurs proposaient ce genre de services pour des sonneries, logos, et... applications ! Apple n'a fait que chercher à récupérer un maximum de bénéfices en ne passant plus par eux, ils étaient puissants donc ils pouvaient... Cette idée-là n'a pas beaucoup d'originalité.
L'originalité de l'iphone réside surtout dans son interface à un seul bouton "home" regroupant toutes les icônes d'appli, là où tous les autres téléphones utilisent surtout ce lieu pour afficher des informations sur l'agenda, sur les nouveaux messages, ou ce genre de choses...
Elle prend forme aussi dans l'impossibilité d'accéder à TOUS ses fichiers sans hacking, dans la prétention d'avoir inventé une interface entièrement manipulable au doigt, dans le fait de vendre avec succès au 21e siècle un téléphone sans mms ni bluetooth en remplaçant tout ça par du rêve pour justifier le prix. -
Il ne faut pas voir des clones de l'iphone partout. Le n900 ne vise pas des personnes qui cherchent une plaque manipulée rien qu'aux doigts comme dans les films de SF, mais un public qui se considère comme plus réaliste et attend de son appareil des opérations concrètes.
Comment un appareil veut-il se vendre ? En montrant qu'il est plus intéressant que les autres.
Voyons ce que vend l'iphone :
http://www.apple.com/iphone/why-iphone/
Si on écarte la dose conséquente de mauvaise foi et d'hyperboles présentées comme étant la réalité (ou, dit autrement, de publicité mensongère), domaines dans lesquels les commerciaux apple n'ont plus à faire leurs preuves, la première partie me vend quelque chose qui existe sur tous les téléphones depuis des lustres. On retiendra surtout qu'elle joue sur le rêve de l'appareil multimédia universel qui tient dans la poche, filon déjà bien exploité.
La seconde partie joue sur le même rêve, mais elle est toutefois plus intéressante, car elle rappelle que tous les téléphones sont des ordinateurs et qu'on peut donc installer de nouvelles applis dessus. La chose, encore une fois, n'a rien de nouveau. Apple tire avantage de la grande communauté du téléphone qui programme des applis pour eux. La mise en valeur n'est pas nouvelle non plus, elle est caractéristique du monde smartphone. Mais l'exemple donné pour les restos met en valeur l'aspect ludique de l'iphone, car c'est bien un joujou technologique qu'il s'agit de vendre. -
Dernier point, on présente les défauts comme avantages (clavier virtuel), technique commerciale classique, et surgit le rêve de l'interface homme machine exploitant vraiment à fond les capacités du corps humain (doigts, inclinaison...), et on sort une fonction qui existe depuis des lustres, bien mieux intégrée, sur d'autres téléphones : le GPS. L'accent est encore mis sur le côté ludique de la chose.
En résumé, apple s'adresse à la part d'enfant qui sommeille en chacun et vend un mélange entre un rêve (contrôle tout, se manipule au doigt, tient dans la poche...) et un jouet techno.
Maintenant, voyons les arguments de vente du n900 :
http://maemo.nokia.com/n900/
La première partie vend de la puissance de calcul, la seconde de l'espace de stockage, la troisième de la connectivité : on veut montrer que l'appareil innove dans le domaine des trois fonctions de base de l'informatique. Il ne s'agit pas de vendre du rêve, ici, mais de la technologie.
Dans les arguments, on parle de retrouver le confort et les caractéristiques de l'ordinateur desktop sur son appareil mobile en présentant en exemples le clavier complet, la compatibilité flash, les multiples applis en même temps.
Les trois parties suivantes vendent un appareil photo qui concurrence ses cousins du monde des camescopes et APN compacts, on vend du design au sens de conception astucieuse et pas de beauté (batterie interchangeable, grand écran...), et on vend une recherche d'itinéraire avec le GPS. -
Voilà la différence : les deux jouent sur le rêve de l'appareil qui fait tout. Mais là où apple et ses clones chez LG et samsung vendent un jouet pour adultes, nokia vend un ordinateur. Leurs caractéristiques sont peut-être semblables, mais le positionnement n'est pas DU TOUT le même.
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@Neolander : > "Il ne s'agit pas de vendre du rêve, ici, mais de la technologie."
J'ai déjà eu cette conversation pas mal de fois ici, mais justement, je vais rebondir sur cette phrase. Vendre de la technologie. Exactement.
Sauf que la technologie n'intéresse que les... technophiles (qui a dit geeks ?)
Or ce qui intéresse la grande majorité des gens ce n'est *pas* la technologie, mais *ce que la technologie peut leur apporter*.
En fait tu as parfaitement décrit le fond mon propos ici depuis plusieurs années (ce qui me rassure car confirme mon opinion).
Apple axe ses produits (pas seulement par le staff marketing, mais par *toutes ses ressources*) sur les usages de la technologie, là où les sociétés déjà en place sur ce secteur axent leurs produits et ressources sur la course à la plus longue fiche technique sans suffisamment penser le but (en ont-t-ils d'ailleurs ? Quels sont les buts du N900 ? Quel rôle Nokia veut-il qu'il joue dans la société ? Est-ce qu'il restera assez longtemps au catalogue pour pouvoir prétendre à devenir un terminal de référence ? Si oui c'est très bien, mais sinon quels seront les arguments de son/ses successeur(s) ?) -
Mais avec le temps ils apprennent, Microsoft par exemple ne sait plus faire un slide dans une conférence sans placer l'expression "expérience utilisateur". Or ça fait 30 ans qu'Apple ne fait que ça de travailler sur l'expérience utilisateur. Et maintenant Nokia qui se met à vouloir garder un contrôle sur la finalité et les buts de ses nouveaux produits pour mieux en penser la valeur ajoutée.
Je trouve ça très bien. Tout ça avance dans le bon sens. Car en plus d'intensifier la compétition, ça suscite également l'émulation. -
Pour avoir pas mal étudié la question du n900 et de maemo 5 (et avoir au passage convaincu une amie de l'acheter au fil de nos discussions à son sujet), je pense pouvoir répondre à la question de ses usages.
-> De bonnes fonctions multimédia qui en font un petit baladeur vidéo
-> Un bon appareil photo
-> Un vrai clavier plutôt complet d'après les photos que j'ai vues.
-> Une application GPS de qualité en standard (Apple et les google phone sont amusants avec leurs applications google maps, mais soyons sérieux : quand on achète des produits à plus de 400 euros, on attend que les fonctions GPS soit complètes en standard, avec recherche et énonciation de l'itinéraire etc...)
-> Mais surtout, surtout, une expérience de navigation internet mobile qui écrase tout ce qui existait auparavant, grâce à deux choses : flash et gecko. Gecko parce que webkit c'est mignon mais les sites sont pas très optimisés pour (même si, de mon expérience quotidienne de Chromium, je peux dire que ça s'arrange doucement), et flash parce qu'on peut difficilement contourner ce cancer du web, quel que soit le mal qu'on en pense. Ajouter à celà du multi-fenêtres qui ne se limite d'ailleurs pas qu'au navigateur web (très pratique pour la messagerie instantanée), on obtient une véritable bombe. -
-> L'intégration entre les différents services de communication. Quand on consulte la fiche d'un contact, le bouton d'appel skype est juste à côté du bouton d'appel téléphonique (ce qui est d'ailleurs une excellente raison pour refuser la personnalisation opérateur : skype disparaîtrait sûrement). Et à côté du mail, des sms... On a tout à un endroit ! C'est tellement bien, on se croirait sur un client multi-protocoles comme il en existe depuis des années sous linux, mais en encore plus puissant.
Bref, en ce qui me concerne, c'est le premier appareil qui pourrait satisfaire à tous mes usages du net sur PC, avec quelques extras plutôt sympathique. Et on dirait que je ne suis pas le seul. Donc c'est trop cher, mais je surveille de près dès fois qu'un jour le prix de l'électronique chute assez pour qu'on ait des smartphones maemo à prix décent. -
Parce que moi aussi j'ai mes rêves liés au passage de toutes les fonctions de communication de mon ordi sur un appareil de poche, et que je pense qu'il y a d'autres manières de réussir ce coup là que par la voie d'apple ;)
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"Apple axe ses produits (pas seulement par le staff marketing, mais par *toutes ses ressources*) sur les usages de la technologie, là où les sociétés déjà en place sur ce secteur axent leurs produits et ressources sur la course à la plus longue fiche technique sans suffisamment penser le but (en ont-t-ils d'ailleurs ? Quels sont les buts du N900 ? Quel rôle Nokia veut-il qu'il joue dans la société ? Est-ce qu'il restera assez longtemps au catalogue pour pouvoir prétendre à devenir un terminal de référence ? Si oui c'est très bien, mais sinon quels seront les arguments de son/ses successeur(s) ?)"
>> Mein gott, m'en parle pas de buts... Apple pensent un peu aux buts utilisateurs, mais ils pensent surtout aux leurs quand ils imposent itunes, quand ils réduisent les fonctionnalités au strict minimum sur les ipod pour réduire les coûts pour eux en gardant un prix constant pour nous... Et demande à sony (division baladeurs) ce qui se passe quand on mélange intérêts marketting et technologie.
Au sommet de leur gloire et avant d'entamer leur déclin actuel, les labos de recherche sony ont créé une pure merveille : le Minidisc, ou MD, le support de stockage le plus fiable jamais créé, inégalé encore aujourd'hui. -
Par ordre de longévité décroissante : les disques microsillons se plient et n'aiment pas les chocs, les disques durs et disquettes peuvent s'effacer au simple passage d'un champ magnétique et contiennent des hordes de pièces mécaniques et électroniques susceptibles de planter, les disques optiques se rayent et se dégradent, la mémoire flash grille et les cassettes voient leur bande s'emmêler dans les têtes de lecture et se briser.
Le minidisc n'avait aucun de ces défauts. Il réunissait les bonnes idées de la disquette, du disque dur, et du disque optique. A la lecture, une tête magnétique intégrée au lecteur lisait les données présentes. A l'écriture, un laser chauffait la paroi du disque pendant qu'une tête magnétique écrivait derrière. Le disque était placé dans un boîtier plastique, sans doute le plus grand point faible de sa conception au niveau robustesse, mais qui tenait quand même le coup et offrait une excellente protection contre des chocs importants qui auraient pu fissurer le disque en temps normal. Le principal défaut de cette technologie était la vitesse de lecture/écriture, défaut mineur car il n'intervient que pendant des copies de fichiers. -
Sony avaient également compris que les musiciens amateurs étaient une clientèle très juteuse. Ils cherchaient un support de stockage nomade de qualité proche du CD, mais plusieurs fois réinscriptible, portable, et très fiable. Tous les lecteurs minidisc étaient donc équipés en standard d'une prise micro et d'une prise line in, et étaient très tournés vers l'enregistrement. Leur autonomie était excellente malgré l'utilisation de batteries très classique et un petit format.
Techniquement merveilleux, donc, alors qu'est-ce qui a raté ? Eh bien les anciens du minidisc savent que c'est sony et sharp qui ont inventé le concept de l'interaction iTunes-iPod, des années avant apple. OpenMG, un "open" purement ironique. Au nom du respect des droits d'auteur, les inventeurs du minidisc ont tenté d'imposer des logiciels lourds et buggés pour tous les transferts de fichiers audio, dans le cadre d'une abomination nommée Digital Rights Managements ou DRM. Crypter les fichiers audio pour empêcher leur accès non autorisé, notamment dans le cadre d'une copie de fichier. Si l'ordinateur principal plante, les fichiers sur le baladeur ne constituent aucunement une copie de sauvegarde, ils deviennent alors inacessibles. "Protégés". -
Comme ces logiciels de transferts étaient pourris de bugs, il n'y avait même pas besoin de plantage matériel du pc pour provoquer un tel scénario. Comme le nombre de copies était limité à trois par fichier du pc au MD et une fois par fichier du MD au pc (et seulement pour ses enregistrements créés sur le lecteur MD, bien sûr), il suffisait d'une erreur dans la copie pour perdre tout. En une décision marketting, sony avaient réussi à tuer l'un des grands arguments de vente du MD, sa fiabilité. Ce n'est pas pour rien qu'aujourd'hui, dans l'audio pro, on utilise encore le DAT, ce brontosaure de bande magnétique... La fiabilité du MD devenait ici nettement inférieure à celle de tous les autres supports numériques. Même la disquette 5 pouces 1/4 était plus sûre. Du coup, une fois que ce fut connu, les acheteurs restant du minidisc étaient essentiellement une clientèle captive, obligée d'y rester parce que les fonctions d'enregistrement portable n'avaient cette qualité que sur ce support. Résultat, quand des boîtes d'audio amateur et semi-pro se rendirent compte de celà (je pense à m-audio et korg), elles sortirent des produits plus chers, plantés (mais moins que le MD), énormément moins fiables matériellement (mémoire flash oblige), mais sans protection et donc au final plus sûrs. Et qui écrasaient le minidisc sur le point de la vitesse de transfert des fichiers aussi, même si c'est un point très accessoire. Et aujourd'hui, chez les amateurs d'audio, on utilise ces produits...
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Repose en paix, minidisc, victime de la plus stupide décision marketting jamais commise...
Avec cet exemple en tête, je pense que c'est plutôt mauvais que la boîte se pose la question de *ses* buts quand elle vend un produit. Même si en ne le faisant pas, elle risque de subir le sort de Leica, fabricant d'appareils photos trop solides qui du coup sont plutôt rachetés dans un vide-grenier qu'achetés neufs... Mais il doit y avoir moyen de s'en sortir quand même en vendant du service. -
Correction : la lecture s'effectue par le biai d'un laser, même si le dispositif est quand même magnétique (effet Faraday)
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Personnalisé ou pas, un coup de flash de le tablette avec l'OS d'origine, et c'est terminé. L'ouverture est le maître mot de ce système. Pas besoin de hacks pour s'en servir comme on en a envie, c'est déjà fait.
Il est sûr que dans ce monde qui aime a vérouiller l'utilisateur avec son consentement par l'adoption de miroirs aux alouettes, voir le succès de l'iPhone, ça risque d'être mal perçu.
C'est un joli coup de pied dans la fourmilère ! -
Les opérateurs peuvent toujours espérer la fidélisation pour 24 mois d'abonnés à des forfaits internet haut de gamme...
De toute façon, Maemo étant un OS libre, on pourra les dépersonnaliser.
Il faudra qu'ils s'y fassent...
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