Géolocalisation: Galileo bientôt repris en main par Bruxelles?
Galileo - le futur concurrent européen du GPS américain - est dans l'impasse. Géré par un consortium d'entreprises privées, le calendrier n'est pas respecté. Aussi, la Commission européenne envisage de le transformer en un projet public, pris en charge par l'Union européenne.
Le système de géolocalisation européen par satellite Galileo a pris trop de retard. Sa configuration, basée sur un partenariat public-privé, ne satisfait plus la Commission européenne qui souhaite augmenter la participation publique dans la gestion opérationnelle du projet.
"Nous considérons que le scénario actuel ne pourra pas fonctionner", a déclaré ce 7 mai Michele Cercone, porte-parole du commissaire européen aux Transports Jacques Barrot. "Nous avons constaté qu'il était nécessaire de recadrer le projet, afin de mieux gérer le calendrier, et assurer sa bonne rentabilité."
Galileo est aujourd’hui géré par un consortium composé de grands groupes industriels: le géant de l'aérospatiale EADS, les français Thales et Alcatel-Lucent, le britannique Inmarsat, l'italien Finmeccanica, les espagnols AENA et Hispasat, et le duo allemand Deutsche Telekom-German Aerospace Centre.
Leur collaboration mécontente Bruxelles. "Nous avions demandé qu'à l’échéance du 10 mai prochain soit créée une entité juridique pour diriger le projet, que le consortium parle d'une seule voix et que certaines conditions financières soient respectées. Aucun de ces points n'a été atteint à ce jour", a précisé Michele Cercone.
Manifestement, les différents membres du consortium ne sont pas parvenus à s'entendre sur la direction du projet, la répartition des rôles et des risques financiers induits. Contacté par ZDNet.fr, Alcatel-Lucent s'est refusé à tout commentaire. Tout comme Thales.
Jacques Barrot annoncera le 16 mai les dispositions retenues par la Commission européenne afin de recadrer le projet; elles seront soumises à l'approbation des ministres européens des Transports dès juin.
Le consortium privé de pouvoir opérationnel
Selon des sources proches du dossier, citées par Reuters, Bruxelles envisage de confier l'ensemble de la supervision du projet à l'Agence spatiale européenne, déjà impliquée. Les entreprises du consortium seraient toujours mises à contribution sur le plan technique, mais sans assumer les mêmes risques financiers et sans pouvoir opérationnel.
Selon le ministre allemand des Transports, Wolfgang Tiefensee, les vingt-sept pays membres de l'Union européenne sont prêts à reprendre le flambeau. Il s'est dit lundi "confiant" sur leur capacité à s'entendre dès juin pour que le secteur public reprenne en main le projet Galileo, là où le privé a échoué.
"Galileo traverse une crise grave et profonde", a-t-il souligné. Or "l'Europe ne peut pas renoncer à ce projet, le plus important des projets de haute technologie européens", qui doit affranchir les Européens de leur dépendance à l'égard du système américain GPS, et créer quelque 150.000 emplois, a-t-il ajouté. Le gouvernement allemand a d'ailleurs toujours milité pour un large investissement public.
Galileo prévoit le déploiement d'une constellation de trente satellites qui devraient déjà être opérationnels; les premières offres commerciales étant initialement attendues en 2008. Cette échéance a été fixée en 2003 lors d'un premier bouclage du budget de Galileo. Le calendrier prévoit désormais que les satellites soient opérationnels en 2012.
Le budget total est estimé à 3,4 milliards d'euros, dont 2,1 milliards pour la phase de déploiement du système satellitaire. Le consortium privé est censé financer les deux tiers de la phase de déploiement, soit 1,4 milliard d'euros. Les 700 millions restants provenant d'investissements publics de l'Agence spatiale européenne (ESA) et de la Commission européenne.
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