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VoIP sur réseaux mobiles : Skype perd patience

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businessMOBILE.fr le 27 octobre 2009

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Dans une lettre ouverte, le spécialiste de la VoIP demande à l'Europe d'enfin prendre position pour la neutralité du Net et ainsi permettre à tous d'utiliser son service depuis un mobile.

La téléphonie sur IP à partir des réseaux mobiles continue de faire l'actualité. Début octobre, l'opérateur américain AT&T, sous la pression de la FCC (la Commission fédérale des communications) et des consommateurs, décidait finalement de permettre à ses abonnés d'utiliser la VoIP depuis leurs mobiles 3G. Une première.

Mais en Europe, les choses coincent toujours. Inquiets pour leurs trafic voix, les opérateurs mobile (notamment français) interdisent contractuellement à leurs clients cette utilisation qui permet notamment de réaliser pas mal d'économies, surtout en roaming puisque les appels passent pas le réseau IP.

Une situation qui excède certaines associations de consommateurs. La Voice over the Net Coalition (VON) demande ainsi à la Commission d'agir pour garantir le droit des usagers à utiliser toute technologie de communication mise à leur disposition. Traduction : l'Europe doit soutenir la neutralité du Web.

Mais si Bruxelles s'est exprimé à plusieurs reprises pour cette neutralité, rien n'a encore été fait pour contraindre les opérateurs mobiles à autoriser les services de VoIP sur leurs réseaux. De quoi ulcérer Skype qui depuis des années cherche à étendre son écosystème aux mobiles. En vain.

Dans une lettre ouverte, Jean-Jacques Sahel, Responsable des affaires gouvernementales et réglementaires pour Skype dans l'Union Européenne, le Moyen-Orient et l'Afrique, perd patience.

"Skype est toujours arbitrairement bloqué par un certain nombre d'opérateurs mobiles, à travers plusieurs pays de l'UE, dont la France. Des milliers d'applications de voix sur IP et de Peer-to-Peer sont sujettes au même traitement. 

Lobby des opérateurs

Nous avons appris cependant que la Commission européenne a fait circuler un premier projet de « déclaration sur la neutralité des réseaux ». Cet engagement par l'Union Européenne pour un Internet ouvert est bienvenu. Mais jusqu'à présent, nous n'avons vu aucune action menée par les autorités en Europe pour éradiquer ces abus flagrants.  L'excuse selon laquelle  «la neutralité des réseaux est un problème américain » est mauvaise, trop commode et tout simplement fausse !", écrit-il.

"Des millions d'utilisateurs et des milliers d'innovateurs en voix sur IP, peer-to-peer ou streaming vidéo peuvent en témoigner : tout comme Skype, ils sont bloqués, le trafic est dégradé par des opérateurs dans toute l'Europe. C'est parce que les utilisateurs et les innovateurs sont tout simplement trop petits pour se faire entendre - ils n'ont pas d'armées de lobbyistes comme les grands opérateurs télécoms - que les acteurs du monde politique ne s'intéressent pas à leurs problèmes et aux difficultés qu'ils rencontrent."

Et de poursuivre : "Les milliers d'innovateurs (...) ne peuvent pas attendre des années, que de longs débats politiques aient lieu, ou que le marché «se corrige» de lui-même comme on dit entre technocrates - ils auront fait faillite bien avant cette date.  Les Internautes ne peuvent pas non plus attendre de pouvoir utiliser librement ce pour quoi ils ont payé - un accès complet, véritable à l'Internet, que ce soit fixe ou mobile, avoir tout simplement le choix des services qu'ils souhaitent utiliser !

Aujourd'hui, du fait des  pratiques qui menacent l'Internet ouvert en Europe et ailleurs, nous ne pouvons pas attendre: la Commission Européenne devrait faire preuve d'audace et utiliser ses pouvoirs (comme la nouvelle règlementation sur l'itinérance ou son mandat de préserver le bon fonctionnement du marché intérieur européen), pour réprimer les abus, et ce, à la première occasion.  Si davantage de pouvoirs sont nécessaires pour agir, la Commission devrait faire des propositions législatives visant à les obtenir, de toute urgence".

Skype demandes actes, et vite. Du côté des opérateurs, on met en avant des problèmes techniques et de qualité de service pour continuer à interdire l'usage de la VoIP. Une argumentation un peu légère...

Reste que la VoIP sur mobile se développera quoi qu'il arrive car elle va dans le sens du marché. Pour le Gartner, plus de 50% du trafic voix-mobile passera par la VoIP d'ici 2019. Gartner prévoit que dans moins de dix ans, 30% du trafic voix de téléphonie mobile sera opéré par des acteurs tiers comme Google, Yahoo, Skype...

Du côté de l'Idate, on est plus mesuré : "L'heure de la VoIP mobile n'a pas encore sonné. VoIP fixe et mobile sont d'abord de faux jumeaux", une contrainte qui freinera l'essor de la technologie.

"Les solutions existantes ne permettent pas une expérience utilisateur optimale. Le service ne fonctionne que dans un environnement 3G semi-nomade ou dans les zones couvertes en WiFi. Enfin, ces services provoquent une utilisation plus intensive de la batterie des téléphones et ne fonctionnent pas nativement sur de nombreux terminaux".

L'institut estime qu'à fin 2014, on comptera 75 millions d'utilisateurs de VoIP Mobile aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et en France.

A noter, une pétition sur la question circule sur la Toile, on peut la signer ici.

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Réagissez

  1. Par abdellah le 27/10/2009
    hi
  2. Par totor le 27/10/2009
    Les solutions existantes ne permettent pas une expérience utilisateur optimale...

    Quelle rigolade : qui sont-ils pour décider de ce que doit être l'expérience utulisateur ??
    Si l'expérience n'est pas bonne le service ne décollera pas, c'est tout !
    Finalement, c'est quand même les utilisateurs qui doivent être juges, et non des instituts paternalisant qui veulent encadrer les porte-monnaies -oops- les utilisateurs finaux.
  3. Par tryde le 27/10/2009
    C'est n'importe quoi cette société où notre utilisation de services est controlée à priori. J'ai une connexion internet mobile, j'ai un logiciel qui fonctionne sur internet (skype par exemple), je dois pouvoir l'utiliser librement. Que ça me bouffe la batterie ou que ça ne fonctionne que dans certaines zones, c'est mon problème, pas le leur. Quant à la saturation de la bande passante, ils n'ont qu'à pas vendre des services qu'ils ne peuvent assurer. Une boulangerie ne va pas découper la dernière baguette en 10, elle va dire aux suivants "y a plus de pain, revenez plus tard". Idem pour la téléphonie : "le réseau est saturé, revenez quand on aura agrandi les infrastructures", sauf que là ils limitent les services au fur et à mesure.
  4. Par YAZombie le 27/10/2009
    Même si je suis globalement tout à fait d'accord avec les plaintes exprimées par Jean-Jacques Sahel, je me dis qu'à un moment ou un autre Skype se retrouvera dans la même position que nos opérateurs actuels…
  5. Par VoIP le 27/10/2009
    Il suffit d'avoir des logiciels compatibles VoIP tels Nimbuzz ou fring pour déjà en profiter!
    http://www.nimbuzz.com
    http://www.fring.com
  6. Par I4U le 27/10/2009
    Un problème: la VOIP, si elle se répand, risque de faire exploser le réseau 3G qui est déjà au bord de la saturation. Sur le principe, d'accord, mais dans la situation actuelle, ça pourrait être périlleux.
  7. Par totor le 28/10/2009
    Ce qui veut dire que la 3G (ex-UMTS) ne permet d'avoir une expérience internet correcte.
    Cela me conforte dans l'idée que si le service n'a pas de qualité, il sera automatiquement boycotté par les utlisateurs.

    D'autre part, et c'est un autre débat, il faut bien amortir le prix des licences délirant qui a été payé pour ces réseaux au debut du 21e siècle, et qui a obligé à faire l'impasse sur des technologies plus récentes et plus efficaces.
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